Le parc Floraire, un jardin séculaire

Les deux hectares du Jardin Floraire ont séduit jadis Henri Correvon en raison des différentes natures de sols qu’il offrait. Il possède en effet des endroits secs et graveleux dans le bas de la propriété, une terre lourde et argileuse dans le haut, un coin humide et presque marécageux au bas de la pente de l’avenue centrale et un sol léger dans sa parcelle occidentale. Il y a même une source naturelle dans la partie inférieure et orientale de la pente qu’Henri Correvon utilisera, en y installant une pompe reliée à un circuit d’arrosage, pour l’irrigation de ses cultures.

Pour mémoire, Floraire s’étendait alors jusqu’au chemin des Arts. Il est également à noter que ce terrain de vignes et de vergers ne possédait, à l’origine, qu’un seul arbre: un noyer; tous les autres, y compris le séquoia qui a été abattu lors de la construction de l’autoroute blanche en 1970, ont été plantés par le pépiniériste et botaniste "chênois".

Le vœu d’Henri Correvon exaucé

Après les profonds réaménagements de 1989, la Mairie a voulu redonner aux aménagements extérieurs, réalisés aux abords du Chalet et de sa dépendance, leur chatoyante diversité d’antan. Dessinés et réalisés par Henri Correvon dans les années 1900, la parcelle est, en effet, avec ses rocailles et murs fleuris, un condensé de jardin alpin. Il retrouvera dès sa revégétalisation (menée en collaboration avec le Jardin Botanique de Genève) terminée, tout son lustre et son charme d’antan.

La préservation du jardin alpin d’Henri Correvon, voulu par la Mairie, est dans la droite ligne des souhaits de son concepteur qui écrivait peu avant sa mort: "Si Floraire est un aboutissement, il est aussi un commencement pour les générations futures; j’espère qu’il favorisera chez mes descendants le développement du style pittoresque et naturel, mais aussi celui des sentiments altruistes si fortement compromis et menacés par la vie irréelle et agitée de nos jours et par l’égoïsme qu’elle engendre".

[Article paru dans "Le Chênois" de mai 2010 — N° 474, sous la signature de F.Montanya]